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Thérapie Crânio-Sacrée

Thérapie crânio-sacrée, la santé de haut en bas

Camille Parinaud  rédigé le 30 mai 2016 à 12h36
  • thérapie crânio-sacréethérapie crânio-sacrée
Article paru dans le journal Alternative Santé nº 36

Dans l’éventail de ce que les Polonais appellent les médecines manuelles, dans la richesse apportée par l’ostéopathie, il en est une singulière : la thérapie crânio-sacrée. Cette méthode d’évaluation et de traitement vise à corriger les restrictions qui affectent l’axe formé du crâne, avec ses os et ses méninges, jusqu’au sacrum, au niveau du bassin.

Thérapie crânio-sacrée (TCS). Avouons que le nom en jette. On imagine une thérapie se focalisant sur ce magnifique crâne humain qui, pour le moins, est doublement sacré, puisque personne ne contestera que, question sacré, le visage le dispute au ­cerveau. Mais la réalité couvre un champ plus large encore.

La TCS devrait en toute objectivité s’appeler crânio-sacrum. Certes, d’un coup, ça en jetterait moins. D’une, le sacrum n’est connu du grand public que pour être extrêmement douloureux quand on tombe dessus ; de deux, son emplacement, concluant la chaîne des vertèbres sans appartenir pour autant au dos et ouvrant sur un espace « honteux », pourrait le déshonorer. Mais c’est oublier un peu vite que sacrum veut dire sacré et que de tout temps cet os a revêtu une dimension singulière, bien souvent spirituelle. Nous laissons, faute de place, au soin de votre curiosité la recherche que nous vous promettons fructueuse sur l’attrait que ­représente à travers les millénaires cet os.

Mais à prendre séparément les deux pôles de ce que l’on appelle le système crânio-sacré, nous nous enfonçons dans ­l’erreur. Ce système physiologique est un axe de vie au rythme particulier. Il est ­pulsé par l’augmentation ou la diminution du fluide céphalo-rachidien, mettant en jeu principalement le sacrum et la boîte crânienne, tous deux reliés par la moelle épinière. De ses origines ­embryonnaires jusqu’au moment où un patient consulte un thérapeute de TCS, ce système est en évolution et connaît blocages, tensions et autres ­restrictions. Le système crânio-sacré contient ce que les ostéopathes appellent la force vitale première (ou potentiel) qui anime l’organisme à travers les tissus conjonctifs.

Pressions de 5 grammes

Ce système est bien connu en néonatologie notamment. Quiconque a eu un enfant prématuré sait que le seul geste autorisé dans un premier temps aux parents est de poser une main sur le bas de ses fesses et l’autre sur le crâne. 
C’est un tracé balisé par les os du crâne, du visage, de la bouche, de la moelle épinière, des vertèbres, du sacrum. C’est dans la matière solide des os, membraneuse de fascia, du liquide céphalo-rachidien qu’il faut entendre ce que nous évoquions en début d’article, une réalité qui couvre un champ plus large encore en parlant de la thérapie cranio-sacrée.

La TCS est une thérapie ­manuelle ­ostéopathique développée dans la première moitié du XXe siècle par ­William Sutherland, ostéopathe ­américain disciple du fondateur de l’ostéopathie, Taylor Still himself. Très tôt, Sutherland eut l’intuition de la ­mobilité des os du crâne. Cette intuition, confirmée par ses recherches, ouvrit la voie à une évolution de l’ostéopathie en général, mais surtout à une thérapie à part entière basée sur cette fine pulsation rythmique, plus lente que le rythme ­cardiaque – et donc différente –, parcourant la colonne vertébrale du crâne au sacrum.

Sa thérapie ostéopathique a pour particularité de placer le thérapeute en ­guetteur du rythme crânien afin d’en déceler les troubles. En percevant les mouvements pulsés du crâne, le thérapeute peut diagnostiquer les tensions, les restrictions et autres stases. Ostéopathie oblige, à l’origine de ces mouvements, on retrouve le mécanisme respiratoire primaire, le MRP, responsable de la ­production, de la fluctuation et de la ­résorption du liquide céphalorachidien. Par une technique douce d’une ­pression de 5 grammes maximum, la TCS travaille sur les membranes – et le liquide céphalorachidien qu’elles contiennent – qui ­entourent le cerveau et la moelle épinière. ­Objectif : corriger les différentes restrictions de sorte que les méninges ainsi que les os du cerveau retrouvent leur liberté de mouvement naturel.

Cette thérapie vise à lever les ­obstacles que le système physiologique normal n’arrive pas à équilibrer. Elle accompagne le corps dans son rôle naturel ­d’autocorrection du système crânio-sacré. Si toutes les règles sont respectées, il ne peut y avoir d’effets secondaires induits par le thérapeute, car c’est le système qui décide comment la correction doit être faite. Le thérapeute n’est ici qu’un levier d’action qui va aider à renforcer le système.

Traitement

Le traitement implique que le thérapeute s’adresse au foyer des inflammations et au nœud des douleurs, mais surtout à tout le système corporel. Pour ce faire, il pratique des prises spécifiques du crâne, de la colonne vertébrale, du sacrum, du tronc ou des extrémités – prises qu’il relâche dans un mouvement léger de traction ou de déplacement des liquides et des tissus. Parallèlement le thérapeute agit sur les systèmes membranaire, liquidique, osseux, conjonctif et nerveux. Il est amené à percevoir les mouvements pulsés et à évaluer les écarts de rythme, d’amplitude ou de fréquence, les restrictions et autres tensions dans le but de débloquer en premier lieu les structures membranaires (ici les méninges). L’objectif est de permettre au système de retrouver une mobilité aussi normale que possible, et au liquide céphalo-rachidien de circuler plus librement et sans engorgement.

Niveaux d’action

Le travail s’exerce à plusieurs niveaux de structure et d’action. Le traitement crânio-sacré, tel qu’il est décrit, soutient aussi bien le système nerveux autonome et central que l’appareil locomoteur. Il intensifie l’autorégulation, les forces d’autoguérison et la compétence immunitaire, et vise un rythme CS plus équilibré. Grâce à la thérapie CS, qui soutient simultanément divers systèmes corporels, le corps est relaxé de l’extérieur vers l’intérieur. La thérapie crânio-sacrée a un vaste champ d’application : d’une part, elle est importante pour la régénération et le maintien de la santé et, d’autre part, elle soutient les processus de guérison dans le traitement des troubles et des maladies. Elle permet aussi d’agir à un niveau plus profond et plus subtil, celui du liquide à partir du niveau externe, celui des os et du tissu conjonctif.

Le thérapeute soutient le client aux différents niveaux par sa présence. Le corps, l’esprit et l’âme forment ensemble une unité naturelle.

Les niveaux de vécu humain peuvent se manifester ensemble ou séparément :
le niveau corporel (physique et énergétique), le niveau émotionnel, le niveau spirituel et mental, et le niveau psychique.

Il existe plusieurs notions et interprétations qui sont l’expression de la respiration primaire et du plan de traitement inhérent. Le traitement crée un espace où la guérison est possible et où les aspects du corps, de l’âme et de l’esprit peuvent être vécus en tant qu’unité. Une nouvelle sensation corporelle peut être instaurée.

Durée et cadre 
d’une séance

Une séance dure généralement une heure. La personne garde généralement ses vêtements et repose sur la table de massage. Dans certains cas, elle peut aussi rester assise. Il faut en général quelques séances pour que le patient ressente les effets de la thérapie et perçoive un changement.

Celui-ci peut prendre des formes très diverses : meilleure sensation de bien-être corporel, moins de stases, meilleure circulation, diminution des douleurs, équilibre des systèmes corporels, meilleur état général, plus grand éveil des sens.

Indications 
et contre-indications

Ce traitement est particulièrement bénéfique après un accident ou lors de maladies de l’appareil locomoteur telles qu’un traumatisme d’accélération crânio-cervical, des problèmes musculaires ou articulaires, des perturbations du système lymphatique, immunitaire ou hormonal ou des troubles du sommeil, mais aussi dans des situations éprouvantes de la vie ou des états de stress et d’épuisement.

Les problèmes statiques, visuels ou auditifs, les signes de stress, les allergies et l’asthme sont également sur la liste des indications. La thérapie crânio-sacrée est également indiquée chez les enfants souffrant de troubles du développement, d’hyperactivité, de dyslexie, de difficultés d’apprentissage, de malposition dentaire ou de problèmes de l’articulation temporomandibulaire.
Même le traitement des nourrissons est un important domaine d’application : la thérapie crânio-sacrée peut ainsi être utilisée chez les bébés qui hurlent, souffrent de coliques, présentent des problèmes de développement ou, par exemple, lors de trouble du déficit d’attention/hyperactivité (TDAH).

Il existe cependant des contre-indications, quoique peu nombreuses, à cette thérapie.
Les contre-indications les plus claires sont : une blessure récente, un traumatisme crânien ou cérébral récent, un infarctus cérébral, une tumeur ou une pression intracrânienne élevée.

Préventive et thérapeutique

La thérapie crânio-sacrée s’adresse à tous et peut s’employer pour des applications préventive, relaxante ou thérapeutique. Elle est efficace pour accroître ses capacités à apaiser le stress, se libérer des empreintes laissées par des vécus traumatisants, équilibrer et optimiser les fonctions du système nerveux ou encore renforcer son système immunitaire, entre autres vertus.

Les effets de la thérapie

Les indications de la thérapie crânio-sacrée sont très vastes. La TCS peut s’appliquer autant à des pathologies physiques qu’à des troubles d’ordre psycho-émotionnel. Il pourra traiter avantageusement aussi bien le bruxisme et tous les symptômes liés aux problèmes de dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire qu’apporter soulagement à des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Durant ou au terme de la séance, le patient sera susceptible d’éprouver une palette assez large de sensations physiques telles que chaud, froid, picotements, spasmes musculaires, tremblements, douleurs fugaces, voire d’impressions qui lui seront propres. Ainsi, il se peut qu’il perçoive des couleurs, des éclairs lumineux, des sons, etc. Ce que vise la thérapie, au-delà de la correction des stases et des restrictions, c’est le fameux lâcher-prise somato-émotionnel, qui est l’irruption plus ou moins forte d’une émotion incarcérée dans le réseau énergétique et biologique du patient, reléguée aux tréfonds de nos oubliettes intimes, et souvent non conscientisée. L’énergie canalisée par le thérapeute et le travail de libération de l’enkystement ancien permet des déblocages émotionnels qui se manifestent le plus souvent par des pleurs ou des cris, et même parfois des rires. Quant au thérapeute, il va lui aussi ressentir des sensations physiques et capter des images ou des mots, tout ce ressenti mutuel étant ensuite échangé à la fin du travail.

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